Projet "Art et patrimoine " à  Marolles les Braults 72

 

  La culture est le fondement de notre mode de vie:

D’où que l’on vienne, quelle que soit notre histoire, l’idée d’héritage culturel nous parle, que ce soit à travers nos traditions nationales, régionales, familiales, ou à travers notre langue et valeurs apprises. Nos édifices historiques, monuments, bibliothèques, lieux de sépulture, lieux sacrés, sites archéologiques …sont tous des aspects cruciaux de notre culture et de notre patrimoine. Notre patrimoine vivant – c’est-à-dire nos traditions, nos coutumes et nos pratiques – et notre patrimoine naturel enrichissent les legs de nos ancêtres qui font partie intégrante de l’identité et de la vie culturelle que nous partageons.

Ma réflexion d'artiste met en exergue la volonté de rassembler et de créer un espace audacieux, inattendu où l'art et le patrimoine s'accorderaient à réhabiliter un site historique à  valoriser nos savoir-faire, notre identité  culturelle dans notre commune de Marolles les Braults.

 Les fresques :

La place de la gare «fut jadis témoin d'une gare et  d'une activité économique riche sur cette ligne de chemin de fer de Mamers à St Calais. Aujourd'hui, la place est toujours aujourd’hui témoin d'une activité importante et d’une richesse d’emploi. 
Mais, lorsque cette place se vide, elle devient un espace en devenir! 

Une volonté de rassembler des compétences locales :

  
L'artiste que je suis s'imbibe de son environnement et en témoigne. Mon métier de peintre consiste à rencontrer, chercher, exprimer et valoriser notre commune.
Le long du grillage  séparant les établissements Jeusselin de la place de la gare, des fresques vont s'ériger :
Une locomotive tender 30t avec en arrière fond la gare de Marolles les braults  suivie de 5 wagons où se racontent ; la vache saosnoise, le percheron, la culture du chanvre, la cidrerie et la voie verte marquant ainsi la fin du rail mais le début d'une nouvelle histoire à peindre qui  fera suite.
 Le problème de conservation et la dégradation est spécifique au domaine des œuvres d’art qui se doivent d’être protégées et conservées.
Un nouveau mode de présentation avant-gardiste sera présenté.
Depuis mon atelier je peins des fresques sur toile libre qui seront ensuite scannées, agrandies 4 fois puis imprimées sur du dibond (matériel aluminum  léger et non dégradable) puis posées sur des supports prévus à cet effet.
Afin d’en finaliser l’esthétisme, des anciennes roues seront posées sous les fresques.



« Membre de l’adagp, tous droits de l’auteur des œuvres réservés, sauf autorisation, la reproduction ainsi que toute utilisation des œuvres autre que la consultation individuelle et privée sont interdites. »

 

Historique de la gare ligne Mamers st calais 
 
Depuis quelques semaines, le café de la gare a changé d'enseigne commerciale. Le souvenir de la gare demeure néanmoins, puisque vous pouvez, circuler sur le Boulevard de La gare • stationner sur la Place de la gare,
Mais où est la gare ? Malheureusement elle a été détruite, suite à un incendie en septembre 1982 ; par contre, vous pouvez toujours utiliser les toilettes de la gare.
Et la ligne de chemin de fer ? Les rails ont disparu ; l'emplacement de la ligne est maintenant un chemin pédestre très fréquenté.


 
LES DÉBUTS DU CHEMIN DE FER
Les Anglais ont été les précurseurs mais dès 1827, la France se dote d'un réseau ferroviaire. En avril 1854, la première locomotive entre en gare du Mans. En 1863, 5 lignes gravitent autour du Mans et vont vers PARIS, RENNES, NANTES, ALENÇON et TOURS .Curieusement, aucune ne dessert les sous-préfectures: LA FLECHE, MAMERS, et SAINT-CALAIS (qui ne l'est plus depuis 1926).
En 1860, le Conseil Général envisage de les relier au Mans, pas directement mais via La Suze pour la Flèche et via Connérré qui se trouve sur la ligne de Paris pour Mamers et Saint-Calais. En 1866, la décision de construire le "MAMERS-SAINT-CALAIS" est prise par le Conseil Général. Le Conseil d'Administration de la ligne est présidé par le Duc de la Rochefoucauld (Maire de Bonnétable). II comprend bon nombre de châtelains ce qui lui vaut bientôt le sobriquet de "LIGNE DES DUCS".
Privilège : Un fauteuil et table était réservée au duc de la Rochefoucauld en gare de Bonnétable, son fief. Un curieux engin appelé «  Lorry mécanique », ayant la forme d’un chariot d’abord à pédales, puis équipé d’un moteur à essence, avec un siège non abrité et un coffre, avait été mis en circulation et assurait tous les jours, le service du courrier pour le compte exclusif de Monsieur le duc entre Connérré et Mamers. Cette pratique fut abandonnée pendant la guerre 1914-1918. (Ce fauteuil a été exposé en septembre 1972 lors de la commémoration du Centenaire du Mamers- saint calais dans le cadre des quatre jours du Mans.)
 
LA CONSTRUCTION
Le décret impérial de Napoléon III du 16 août 1867 déclare d'utilité publique l'établissement du chemin de fer et autorise le département à exécuter les travaux.
A MAROLLES, l'enquête publique « sur le tracé du chemin de fer; le rétablissement des voies de communication et celui de l'écoulement des eaux » a lieu du 8 au 15 janvier 1869. La ligne a une longueur de 5,100 km et il a fallu acheter 7 ha 21 ares et 94 centiares de terrains qui appartenaient à 41 propriétaires différents. Le train devait arriver à Marolles en 1871 mais les travaux furent retardés par la guerre de 1870-71, l'arrivée des Prussiens dans le département et des combats dans la proche région.
De plus, la dotation de 1 500 000 francs prévue pour la ligne avait été attribuée, fort logiquement, par le Conseil Général à la Défense Nationale. Dès la paix revenue, les travaux reprennent rapidement.
L'ARRIVÉE DU CHEMIN DE FER
C'est le 21 septembre 1872 que (a ligne de Connérré à Mamers est mise en service. C’est donc l’arrivée du chemin de fer à Marolles les braults.
«  A travers les champs, les prés, les bois on a remué la terre, enlevé ici pour raser une butte, ajouté là pour combler un vallon. De déblai en remblai on a réduit les dénivellations… Il en fallu des terrassiers ! La ceinture de flanelle bleue ou rouge autour des reins,  ils maniaient la pelle et la pioche douze heures par jour à raison de 6 sous (0,05 centimes d’euros de l’heure.). »
LA GARE
Les gares étaient toutes construites sur le même modèle sauf celles de Prévelles et de Saint-Vincent-des-Prés. Elles formaient un ensemble de bonne surface au sol. La construction prévoyait un bureau, une salle d'attente et une halle aux marchandises sur rez-de-chaussée. Le logement du chef de gare était à l'étage. Un large auvent autour du toit mettait " les files d'attente des voyageurs " à l'abri des intempéries. 
 Et à proximité un café.

 
 L'INAUGURATION
"Elle a lieu le dimanche 6 octobre 1872. 6 wagons de 74 places ont à peine suffi à transporter tous les voyageurs.
Dans le règlement il est dit que les jours de marché voisin, il sera accordé une réduction de 50% sur le prix des places. Tout allait bien au début, des billets à prix réduit ont été délivrés à Mamers et aux autres gares pour le départ mais Monsieur le Chef de gare de Marolles, interprétant à sa façon le règlement et pensant que les personnes étaient venues non pour le marché mais pour la fête, exige au retour le prix des places sans la réduction de 50% sur laquelle comptaient les voyageurs De là, grande rumeur à la gare de Marolles, protestations de toutes sortes, menaces, etc. ..... Mais il fallait partir les uns, mauvaises têtes, ne voulant pas céder; prirent à pied, le chemin vicinal, d'autres qui n'avaient conservé dans leur poche que le strict nécessaire, furent obligés de suivre l'exemple des premiers ; d'autres encore, et c'étaient les plus nombreux payèrent le prix réclamé et montèrent en wagon.
Aussitôt informé de ce fait, M. du LIN, Chef d'exploitation, s'empressa d'écrire à M. le Chef de gare de Mamers une lettre dans laquelle, il déplorait le malentendu et informait que compte fait 138 F 95 centimes avaient été indûment perçus et seraient remboursés."
 

LA MARCHE DES TRAINS
 
 Jusqu'en 1890, la gestion est assurée par la " Compagnie d'Orléans à Chalons ". L'exploitation se fait par trains mixtes voyageurs-marchandises. La Compagnie est tenue d'exploiter le chemin de fer au moyen de 3 trains par jour dans chaque sens sans aucun service de nuit.
Les arrivées et les départs doivent être combinés de façon qu'il y ait le moins d'arrêt possible à Connérré et qu'il y ait à la fois des correspondances pour Paris et pour Le Mans.
 
 Dans le cadre de la réglementation des voies ferrées d'intérêt local de la loi de 1865 le département de la Sarthe concède plusieurs lignes de chemin de fer secondaire :
La Flèche - La Suze
La Flèche - Sablé
Château-du-Loir - Saint-Calais
Mamers - Saint-Calais
Cette dernière ligne, longue de 77 km, est mise en service :
Le 21 septembre 1872, entre Connérré et Mamers, et inaugurée le 6 octobre
Le 20 février 1873, entre Connérré et Saint-Calais.
La ligne est exploitée par :
En 1872, la compagnie d'Orléans à Chalons.
En 1890, la compagnie du chemin de fer de Mamers à Saint Calais
En 1932, le 2 août, l'exploitation est confiée à la compagnie des tramways de la Sarthe.
En 1947, après la fermeture du réseau des tramways de la Sarthe, la ligne est exploitée par une régie départementale jusqu'à la fermeture de la ligne.
LE MATÉRIEL ROULANT
La traction est, bien sûr, à vapeur. L'alimentation en eau des locomotives se faisait à Saint-Aignan, car Marolles ne possédait pas de puits. On peut encore voir la réserve d'eau près de la Gare. Les employés pompaient l'eau manuellement. Le parc était constitué de 5 locomotives pesant 28 tonnes et pouvant remorquer 125 tonnes. Les premiers wagons de voyageurs sont à étages la plate-forme est plus rapprochée du sol ce qui rend l'entrée et la descente plus facile. Chacun de ces wagons comprend 74 places 10 places en 1 ère classe,
24 places en 2éme classe, 40 places en 3ème classe. La voie est à écartement normal (1,435 mètre), comme pour les grandes lignes, ce qui permet aux wagons de marchandises venant de n'importe quelle destination, d'arriver à Marolles.
 
 
 Les  Locomotives à vapeur :
En 1888  les séries numérotées de 3511 à3525 construites par la SACM puis les 3526 à 3542 construites par fives-lille.
 
 030 SACM type "Hannibal" SACM 1945
Cette machine fut construite sur plans allemands, pour les Allemands. Cependant, la SACM ne mis aucune bonne volonté à terminer cette série, qui ne fut livrée qu’en 1945, après la Libération. Ces locomotives ont donc été vendues entre 1945 et 1948 à divers réseaux ferrés, industriels pour la plupart.
 
 Les Locomotives diesel :
 
Brissonneau et Lotz, 1953, 150 cv, transmission électrique

 Locotracteur Brissonneau et Lotz  manœuvrant en gare de Mamers.
1950, 180 cv, acquis en 1955, ex CFD Richelieu
1936, 160 cv, acquis en 1967, ex SNCF,
1935, 180 cv, acquis en 1972, ex SNCF,
Autorails
1947 Autorails, Billard, 901 et 903
1948 Autorails, Verney no 1452 et 1453
 
 LA BELLE ÉPOQUE :
Le chemin de fer permit à un grand nombre de communes de sortir de leur isolement : ce fut le cas de MAROLLES. II était désormais possible d'aller rapidement à Mamers, au Mans et même à... Paris
L'engouement pour ce nouveau type de transport fut très important à la fin du XIXème siècle. La ligne devint rentable en 1877 avec 168 000 voyageurs transportés et 46 000 tonnes de marchandises. Elle connut alors une période de prospérité. Chaque année, les grandes foires, les congrès, les grands prix automobiles attiraient un grand nombre de voyageurs et il fallait mettre en service des convois supplémentaires. En 1916, le trafic voyageur établit son record avec 1 076 000 personnes.

LA VITESSE
En tenant compte de l'arrêt dans les stations, la vitesse commerciale des trains de 20 à 28 kilomètres à l'heure.
Il n’y avait pas de barrières sur les routes de Saint-Aignan et de Bonnétable. Malgré cela, aucun accident grave n'a eu lieu. Le train avertissait de son arrivée par un signal sonore. Certains d'entre vous se souviennent de ce "klaxon" particulier.

LE DÉBUT DU DÉCLIN
La guerre e 1914-1918 avait favorisé le développement du moteur à explosion. La paix revenue, la voiture automobile, l'autocar, le camion firent irruption sur les routes du département. Le 1 er juin 1931, c'est l'ouverture de la première ligne d'autocars : c'est plus rapide et plus pratique pour aller au Mans. Le déclin s'amorça aussi pour les marchandises d'autant plus que les rails sont de 30 kilos au mètre alors qu'il aurait fallu qu'ils soient de 36 kilos. Les ponts n'ont pas une résistance suffisante et en 1928, Monsieur BEAUFILS, directeur de la Cidrerie Marollaise se plaint près de la Compagnie car les ponts ne peuvent plus supporter le poids des wagons-réservoirs de 130 hectolitres. " C'est une grave menace pour la Cidrerie, c'est un commerce très important qu'il ne faut pas laisser péricliter " écrivait-il. Les ponts furent renforcés mais sur le réseau national on chargeait 160 hectolitres par wagon.
 
 UN ESPOIR  
Pour revitaliser à ligne, on demanda aux entreprises locales de s'installer près des gares. C'est ce qui fut fait à Marolles. Un local, toujours existant, fut construit à proximité de la ligne par le syndicat agricole présidé par Monsieur de FLEURIEU dont le gérant était Monsieur DENIS Albert.
 
 L'ACTIVITÉ
Engrais : phosphates, chlorure, chaux, scories, ce qui permit un amendement des sols et un meilleur état sanitaire des animaux, du charbon : pour les fours à chanvre mais aussi pour les particuliers, Et on expédiait des céréales, du chanvre, des animaux bovins et chevaux surtout pour l'abattoir de La Villette, des pommes, du cidre. Le service "messageries" rendait service aux habitants qui recevaient et envoyaient de nombreux colis.
Les animaux vivaient avec le train, les jeunes veaux effrayés par le tintamarre se sauvaient dans le fond des prés, alors que les vaches chargés d’expérience faisaient un brin de conduite au convoi. Les chevaux percherons s’effraient de moins en moins. Dans les champs, les paysans, les ouvriers, au passage train ne manquaient pas de tirer l’œil au gousset et de vérifier si la montre marque juste. Effectivement c’est lui qui rythme la vie : si vous souhaitez le prendre, mieux vaut se régler sur son heure… 
 
 Durant la seconde guerre mondiale :
Malgré tous ces efforts, le trafic continuait à baisser tant en voyageurs qu'en marchandises. La seconde guerre mondiale relança l'activité : la pénurie de carburant et les restrictions imposées par l'occupant donnèrent un coup de fouet au réseau. Le transport individuel n'était plus possible et beaucoup de "Parisiens" venaient en campagne pour se ravitailler. La reprise fut éphémère car en 1945, la courbe du trafic recommença à baisser.
«  Eté 1944 : Entre juin et septembre, en raison des bombardements aériens, le trafic fut suspendu sur la ligne du Mamers –saint calais. Toutefois, durant cette période, les Allemands firent passer une nuit, de Mamers à Connerré-Beillé, un canon lourd d’une portée d’un tonnage bien supérieur à celui que devait supporter la voie.
 
 LA FERMETURE
" On" espérait cependant et vers 1960 l’entreprise de négoce de Monsieur Henri GAGNOT s'installa le long des voies du Mamers-Saint-Calais ; celle de Monsieur Raoul FOULARD fera de même. Le charbon continuait à arriver et trois parcs étaient utilisés par Messieurs GAGNOT, FOULARD et DENIS Jean. Pourtant, il fallait se rendre à l'évidence : l'automobile et le camion, plus souple d'utilisation, allaient finir par tuer "notre" petit train. En 1947, le Mamers-Saint-Calais était passé en Régie Départementale donc sous le contrôle du Conseil Général.
• baisse du trafic : 1 13 000 tonnes en 1971, 73 000 tonnes en 1975,
à Le trafic VOYAGEURS s'arrêta le 25 septembre 1965.
àMonsieur GOURDEAU, dernier chef de gare de MAROLLES resta jusqu'en 1969.
àET ENFIN LE 31 DÉCEMBRE 1977, voilà 22 ans, FERMETURE DÉFINITIVE DE LA LIGNE.
BILAN
La Commune de MAROLLES a acheté la partie située sur son territoire et l'a transformée en SENTIER PÉDESTRE. Quel dommage qu'il n'en fut pas de même pour l'ensemble de la ligne comme le voulaient quelques Conseillers Généraux ! En septembre 1982, la gare a été détruite, suite à un incendie.
Depuis 1979, la Transvap participe activement à la sauvegarde du patrimoine ferroviaire français. Les trains cheminent à travers la campagne et le bocage sur l’ancienne voie ferrée du Mamers-st Calais de Bonnétable à Beillé. Un circuit rempli de charme et de nostalgie.

 
Source :
Extrait du bulletin municipal de déc. 1999 MP Gesland.
Extrait du syndicat agricole
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 Elise Beignard